L’énigmatique Dame
au lion et à la licorne
hante encore
les pavés du champ de foire
de Boussac

Une « rumeur » ou « légende » veut que l’argent de la vente des tapisseries de La Dame à la licorne ait servi à paver la place de la ville de Boussac.
Grand-mère Julia m’en a parlé quelquefois et je l’ai retrouvée sur deux sites internet où est ajouté : « le solde, dit-on, servit à ériger en 1903 la statue de Pierre Leroux et à aménager le square qui porte aujourd'hui son nom. »
J’ai voulu savoir ce qu’il en était réellement, documents à l’appui :
Délibérations du conseil municipal de Boussac :
1842-1875 ; 1876-1885 ; 1885- 1893 ; 1894-1903 ;
1903-1908 ; 1908-1923 ; 1923-1953.
Archives de la Creuse
(merci à toutes celles et tous ceux qui y travaillent)
https://archives.creuse.fr/rechercher/archives-numerisees
Journal L’indépendant de Boussac :
« journal politique, littéraire, industriel, agricole et d’annonces légales » qui a paru tous les jeudis à partir du 1er janvier 1891.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k988725q
Également sur le site des Archives de la Creuse
Liste des sous-préfets successifs de Boussac :
https://archives.creuse.fr/rechercher/repertoires-et-aides-a-la-recherche/aides-a-la-recherche/vie-politique-et-evenements/liste-des-prefets-et-sous-prefets-de-creuse-an-viii-a-1939
Liste des maires successifs de Boussac :
https://archives.creuse.fr/rechercher/repertoires-et-aides-a-la-recherche/aides-a-la-recherche/vie-politique-et-evenements/liste-des-maires-de-creuse/banize-a-bussiere-saint-georges
Après la vente des tapisseries à l’État, Henri de Lavillatte a ce cri d’indignation :
« Enfin, Boussac s’est laissé enlever ses tapisseries… sans protester… sans faire une révolution ! » avant de faire part de sa tristesse : « La Dame à la Licorne, placée maintenant dans un des grands musées de notre capitale, est, il est vrai, mieux à la portée de la vue de tous, elle est pour toujours assurée des soins auxquels elle a droit […] ; mais, hélas ! nul musée ne pourrait donner à la châtelaine du XVe siècle la forteresse de Jean de Brosse, nul décor ne lui rendrait le cadre féodal qu’elle a perdu. Quel regret, on le voit, que sa disparition sans espoir de retour… »
La « rumeur » ou « légende » veut que l’argent de la vente des tapisseries de La Dame à la licorne ait servi à paver le champ de foire de la ville (terrain appartenant à M. de Ribeyreix et longeant les fortifications, acquis par la ville pour le prix de 2 000 francs le 28 Pluviôse an XIII). Grand-mère Julia m’en a parlé quelquefois et je l’ai retrouvée sur deux sites internet où est ajouté : « le solde, dit-on, servit à ériger en 1903 la statue de Pierre Leroux et à aménager le square qui porte aujourd'hui son nom. »
N’a-t-on pas remplacé, peu après la vente, les tapisseries désormais parisiennes, par d’autres commandées à Felletin ?
Cette « pétrification » de la légende naît très naturellement dans la mentalité boussaquine. Elle est une variante de l’échange d’un plat de lentilles contre le droit d’aînesse ; elle renvoie à une sorte de « déchéance », tant physique que morale du corps social.
Elle oppose violemment la douce chaleur de la laine et de ses teintes, la fragilité de toutes les vies (humaines, animales, végétales) que les tapisseries protègent, la puissance des « fées » chères à George Sand, à la dureté grise de la pierre taillée dont l’espace géométrisé ne recèle nulle chaleur, nulle vie, sensibles au regard et à la pensée, même si elle apporte le confort de la marche et la certitude de la propreté.
Le ciel garance de La Dame où songent des îles de guède s’est évanoui dans l’uniformité froide d’un champ de foire où le bétail sera parqué. Sous « la pierre sacrificielle plate » des pavés uniformes, les cadavres exquis de la Dame et de sa Suivante, de leurs amies les bêtes et des mille fleurs, à jamais disparues.
Il fallait bien l'apparition d'une licorne sur cette place commune pour rendre la tenture à toutes et à tous.

Année 1848
13 avril 1848 – Reconstruction générale du pavage des rues et places (p. 51)
« Considérant que le pavé des rues et places de cette ville est dans l’état le plus complet de vétusté et que leur reconstruction, devenue pour ainsi dire indispensable, offre les moyens de créer pour quelque temps du travail à la classe ouvrière tout en satisfaisant à un objet d’intérêt communal … »
« Vu le devis estimatif des travaux à exécuter pour parvenir à la reconstruction générale du pavé dans les principales rues & places publiques de la ville de Boussac, dressé le 8 de ce mois par le Sr [sieur] Gilbert architecte et s’élevant à la somme de 9 427, 10… »
Cela veut-il dire que les rues et places étaient déjà pavées (bois ou pierre) ou bien y a-t-il une confusion entre « pavage » et « nivellement » en terre et cailloux compressés ?
https://www.art-du-pavage.com/blog/?les-paves-anciens---un-voyage-a-travers-les-epoques
https://www.art-du-pavage.com/blog/?les-paves-parisiens
https://books.openedition.org/pumi/21336?lang=fr
[13 avril 1848 : le 24 février 1848, Louis-Philippe abdique ; un gouvernement provisoire est installé et la République est proclamée. Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République.]
2 mai 1848 – « Pavage des rues et places à la mac-adam » (p. 53-55)
Repavage général de la ville à la mac-adam adopté par le conseil.
Il me semble qu’il y a confusion entre « le pavage : la pose de très nombreux pavés de pierre » et « la macadamisation ».
S’est-on aperçu que le pavage ne pouvait pas être fait avant un nivellement et un tassement du sol, et que le coût d’un pavage avec des pavés en pierres coûterait cher, pour s’arrêter dans un premier temps à une « macadamisation » des rues et places de la ville ?
« Le macadam est une technique de revêtement des chaussées élaborée par l'Écossais John Loudon McAdam vers 1820. Ce procédé consiste à répandre sur un sol nivelé et asséché, des couches successives de pierres concassées de granulométries décroissantes, liées avec du sable et de l'eau, et agglomérées au moyen de rouleaux compresseurs. Le processus de réfection des routes avec le macadam se nomme la macadamisation. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Macadam_(route)
21 mai 1848 – Mac-adam adjugé
2 juin 1848 – Les travaux du pavage (p. 55-56)
« Considérant, en ce qui concerne les travaux du pavage, ouverts dans le but de créer de l’ouvrage aux ouvriers inoccupés en ce moment, la commune affectant des ressources de 1848 et 1849, possède bien les facultés … »
29 juillet 1848 – Demande d’autorisation d’emprunter – le citoyen maire : Pierre Leroux (p. 57)
« Les travaux dans le devis s’élèvent à 9 427 francs sont arrivéés au tiers de leur exécution […] Le conseil demande au citoyen ministre de l’intérieur de vouloir bien accorder l’autorisation d’emprunter… »


Pierre Leroux, 1848
Médaille en cuivre
Paris, Musée Carnavalet

Madeleine (ou Madeleine Jeanne) Lemaire
crayon et fusain sur papier
Musée Carnavalet, Histoire de Paris
17 novembre 1848 – Emprunt de 14 000 f. (en 100 annuités dès 1850) - Savoir 5 000 f. au pavage des rues & places et 9 000 f. à la création de fontaines publiques (p. 60-61)
« 1° Doit-on faire un emprunt ?
2° Doit-on employer les fonds au pavage des places et rues à la création d’un comptoir d’escompte, ou à des travaux d’utilité publique tels que des fontaines ? »
[…]
« Considérant que le mac-adamisage des rues et places a été addjugé le 21 mai 1848 ; que la reception des travaux a été effectuée le 30 novembre 1848 ; que conséquemment il y a urgence d’en solder le prix. »
Années 1850-1880
10 février 1850 – Vote à l'unanimité qu'il y a lieu de payer la somme de 3 250 francs que reste devoir la commune pour le pavage des rues de la ville. (p. 66-67)
Par arrêté du Président de la République du 12 janvier 1849, la commune de Boussac a été autorisée à emprunter une somme de 14 000 francs destinée au pavage des rues et à la construction des fontaines publiques. Il reste 3 250 francs à régler pour le pavage des rues. Les ressources financières de la commune (4 492,44 francs au 31 janvier 1850) permettent d’acquitter cette somme sans avoir à contracter l’emprunt. Cette somme a été payée en 1848 à l’entrepreneur par 29 citoyens de Boussac qui ont bien voulu l’avancer sans intérêt à la commune. Il faut les remboursée au plus vite. Le recours à cet emprunt sera décidé après l’adjudication des fontaines.
12 février 1875 – « Le Conseil décide à l’unanimité que l’on s’occupera de la question de procurer des eaux à la localité avant toute autre amélioration, les fontaines étant faites, l’agrandissement des deux places viendra immédiatement après. »
Le conseil nomme une commission composée de trois membres qui feront analyser les eaux et demanderont un homme de l’art chargé de faire les études pour les travaux. (p. 199)
(Dans la marge : « approuvé par le préfet le 11 mai 1875 »)
2 août 1876 – Vote d’un emprunt de 30 000 francs. (p. 8)
« … pour parfaire les dépenses que nécessitent les travaux d’installation des fontaines publiques », le conseil vote à l’unanimité d’un emprunt de 30 000 francs demandé par les délibérations les 12 février, 12 mai, 28 août et 24 octobre 1875. Le devis dressé par M. Vernier, ingénieur, s’élève à plus de 40 000 francs.
6 août 1876 – Projet d’un réservoir d’eau. (p. 10)
Nécessité d’installer un vaste réservoir d’eau pour alimenter les diverses fontaines, d’où l’achat d’une parcelle de 6 ares pour 300 francs.
La commune désire contracter un emprunt de 30 000 francs à la Caisse des Dépôts pour faire face aux dépenses des fontaines remboursables en annuités de 3 168 francs dont la dernière sera acquittée le 15 janvier 1889.
30 août 1876 – Vote d’un emprunt de 30 000 francs destiné aux travaux d’achèvement des fontaines. (p. 10)
Vu le plan et le devis des travaux, et l’insuffisance des ressources financières de la ville, le conseil vote à l’unanimité un emprunt de 30 000 francs, soit par souscription, soit à la Caisse des dépôts et de consignation au taux d’intérêt inférieur à 5 %, remboursable à partir du 1er janvier 1879 en dix annuités de 3 168 francs
12 mai 1878 – Vote d’une somme de 502 frs 50 pour solde des frais de pavage autour de la fontaine. (p. 29)
Cela pourrait laisser penser que seul l’entourage de la fontaine « monumentale » de la place du champ de foire était pavé pour une question de commodité.
Années 1881-1882
13 février 1881 – Agrandissement du champ de foire (p. 63)
M. le Maire [Siméon Aucouturier] propose l’agrandissement du champ de foire. Il expose au conseil municipal que les foires de Boussac deviennent de plus en plus importantes et que l’accroissement de leur importance sera certainement plus rapide encore lorsque le chemin de fer d’Urciers à Lavaufranche, aujourd’hui en construction, sera en exploitation.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_Champillet_-_Urciers_%C3%A0_Lavaufranche
Il croit donc qu’il est impossible de retarder plus longtemps l’agrandissement qu’il propose parce que déjà, les jours de grandes foires, la place manque pour contenir les exposés à la vente et qu’à ce sujet de nombreuses plaintes lui ont été adressées par les vendeurs et les acheteurs.
Il rappelle que depuis longtemps diverses municipalités qui se sont succédé se sont préoccupées de cette question et que dans une délibération en date du 12 février 1875 le Conseil municipal avait décidé que l’agrandissement des places était nécessaire et qu’il aurait lieu après l’établissement des fontaines. Or les fontaines sont terminées depuis longtemps et le moment est venu où la municipalité actuelle doit mettre à exécution le projet d’agrandissement.
Le Conseil municipal, après en avoir délibéré, considérant que les foires de Boussac, déjà renommées, sont appelées à voir leur importance s’augmenter ; qu’elles sont à peu près les seules ressources du commerce de la localité ; que par conséquent il est du devoir de la municipalité de veiller à ce que les places publiques soient assez vastes pour contenir toutes les sortes de marchandises qui y sont exposées en vente.
Considérant enfin qu’en facilitant l’accroissement de l’importance des foires on augmentera les ressources de la commune par la plus value qu’en acquerront les droits de places lesquels forment son principal revenu.
Vu la situation financière de la commune, vu l’insuffisance notoire du champ de foire, à l’unanimité, décide :
- que le dit champ de foire sera agrandi et que cette réparation s’impose d’une manière absolue,
- qu’à cet effet il sera fait acquisition par la commune du jardin le jouxtant appartenant à Mr Desfosses Lagravière,
- que toutes mesures nécessaires seront prises pour que la commune puisse contracter un emprunt afin de lui procurer les moyens de payer immédiatement le prix de cette acquisition.
Et il autorise Mr le Maire à s’entendre préalablement avec le dit Mr Desfosses Lagravière, si faire se peut, afin de fixer le prix du dit jardin.

1er mai 1881 – Autorisation de provoquer l’expropriation du jardin de Mr Desfosses Lagravière (p. 67-68)
Car « les pourparlers [d’acquisition de ce jardin de 13 ares ] n’avaient pu aboutir à cause des prétention exhorbitantes du propriétaire lequel avait déclaré en dernier lieu ne pas vouloir céder son jardin à la ville pour rmoins de trente mille francs. » Les conseillers Boursault et Chastin proposent alors d’abandonner le premier projet, et d’agrandir le champ de foire d’un autre côté par l’achat des jardins de MMrs Perrot, Gallerand, Proust et Rouyat. Le conseil autorise finalement le maire à « provoquer l’expropriation » de ce jardin « et cela sans aucun délai. »
11 septembre 1981 – Vote par « « une assemblée du conseil municipal et des plus imposés » d’un impôt extraordinaire de 20 centimes « au principal des quatre contributions pendant quatorze années » et d’un emprunt de 20 000 francs au Crédit Foncier aux taux de 4,5 % remboursable en 14 annuités égales de 1 941 francs. (p. 74-75)
L’agrandissement du champ de foire est d’une nécessité absolue et il se fera au moyen de l’acquisition du jardin de M. Desfosses Lagravière. Les frais d’expropriation, de nivellement et d’appropriation sont évalués à environ 20 000 francs.
La commune a déjà contracté le 30 août 1876 un emprunt de 30 000 francs à la Caisse des Dépôts pour faire face aux dépenses des fontaines remboursables en annuités de 3 168 francs dont la dernière sera acquittée le 15 janvier 1889.
5 mars 1882 – Autorisation d’aliéner les tapisseries du château et de la mairie. (p. 87)
En séance extraordinaire, le conseil municipal, après en avoir délibéré, adopte à l'unanimité la proposition du maire Siméon Aucouturier : « offrir à M. le ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts d'aliéner lesdites tapisseries au profit de l'État moyennant la somme proposée de 25 500 f. » (payable en 2 annuités, en 1882 et 1883).
Le montant de cette vente devrait permettre à la commune de Boussac de contracter l'emprunt de 20 000 f. voté par délibération du 11 septembre 1881 pour réaliser les travaux qui s’imposent : achat de l'immeuble exproprié pour l'agrandissement du champ de foire ; dépenses assez considérables pour les « maisons d'école » et l'avenue de la gare ; réparations à l’hôtel de ville et au château (sous-préfecture, gendarmerie).

Le bâtiment date de 1833.

Le "campanile" a été rajouté en 1932.
16 avril 1882 – Avis du conseil municipal sur les observations présentées à l’enquête sur le projet d’agrandissement du champ de foire. (p. 88-89)
Le maire rappelle les différentes étapes du projet par le résumé des délibérations du conseil municipal (12 février 1875 ; 13 février, 1er mai et 11 septembre 1881).
« Relativement aux observations et protestations faites à l’enquête par trois habitants seulement », le maire pense que « le peu d’opposition faite au projet est la preuve évidente qu’il est approuvé par l’immense majorité de la population de la commune. »
Même séance – Vote de l’emprunt de 20 000 francs à contracter à la Caisse des Dépôts et Consignations au taux de 4,5 % et remboursable en 14 annuités égales de 1 893 francs ; et non au Crédit Foncier qui propose un taux plus élevé de 4,8 % et des annuités de 1 941, 01 francs.
27 août 1882 – Avis favorable du conseil municipal sur l’enquête parcellaire relatif au projet d’agrandissement du champ de foire, déclaré d’utilité publique par décret du 9 juin 1881. (p. 98)
22 octobre 1882 – Mise en recouvrement de l’imposition extraordinaire de 20 centimes. (p. 99)
[le décret du 30 mai 1882 autorise la ville à s’imposer extraordinairement à partir de 1883 de 20 centimes extraordinaires pour le remboursement d’un emprunt de 20 000 francs destiné à l’agrandissement du champ de foire.]
Dans la délibération du 5 mars, le conseil a voté la vente des tapisseries en faisant « entrevoir l’éventualité de la non réalisation de l’emprunt de 20 000 francs et pour conséquence la suppression de l’imposition extraordinaire.
Le moment étant venu d’établir les rôles des contributions de 1883, il importe d’être fixé sur le point de savoir si l’imposition de 20 centimes autorisée doit être maintenue et mise en recouvrement. »
Le conseil municipal, après en avoir délibéré, considérant :
Que la ville devra incessamment payer le prix de l’immeuble exproprié pour l’agrandissement du champ de foire ;
Que de plus elle a dû faire des dépenses assez considérables à ses maisons d’école ;
Qu’elle va se trouver dans le cours de l’année prochaine dans l’obligation de faire des réparations au château et de dépenser une forte somme pour l’avenue de la gare ;
Et attendu que la moitié de la somme lui revenant pour le prix de la vente des tapisseries ne lui sera payée que dans le cours de 1883 et que l’autre moitié n’a pas encore été versée entre les mains du receveur municipal,
À l’unanimité décide que l’imposition de 20 centimes doit être maintenue et mise en recouvrement dès 1883. »
Années 1883-1886
21 janvier 1883 – Acceptation des propositions de Mr Gaulmier pour la prise de possession de son jardin. (p. 103)
« Le conseil, considérant qu’au mois de juin prochain la commune aura touché la seconde somme de 12 500 francs qui lui est due par l’état pour la vente de ses tapisseries et qu’à cette époque elle sera en mesure de payer Madame Gaulmier sans avoir recours à un emprunt, à l’unanimité autorise M. le maire à accepter les propositions de Me Gaulmier. »
4 février 1883 – Approbation du devis pour l’agrandissement du champ de foire et vote d’un crédit de 2 600 francs. (p. 104)
« Mr le Maire donne communication au Conseil municipal des cahiers des charges et devis dressés par Mr Peyrabon, l’agent voyer d’arrondissement, pour l’agrandissement et le nivellement du champ de foire et pour les réparations urgentes à l’hôtel de ville ; lesquels devis s’élèvent à : pour l’agrandissement et le nivellement du champ de foire à la somme de 2 600 francs ; et pour des réparations à l’hôtel de ville à celle de 476 f 20cs.
(agent voyer : fonctionnaire chargé de la construction et de l'entretien des chemins vicinaux).
[…]
Il fait remarquer que par suite de la rentrée à la caisse municipale de la première annuité des tapisseries, soit 12 750 fr., la commune peut facilement faire face à la dépense. »
Même séance du 4 février 1883 – La place du marché de Boussac, près de l’église, prend le nom de Place Gambetta.
Le 6 mai 1883, le conseil municipal de Boussac, participant à une souscription nationale, vote une somme de 100 francs pour l’érection d’un monument à Léon Gambetta sur une place de Paris.


11 février 1883 – Vote d’un crédit de 700 francs pour la réparation du salon de la Sous-Préfecture. (p. 106)
Mr le Maire expose que la somme de mille francs votée par délibération du 14 juin 1882, approuvé par Mr le Préfet, pour la réparation du salon de la Sous-Préfecture est insuffisante ; que les tapisseries achetées à Felletin coûtent à elles seules près de quatorze cents francs et qu’il estime que les autres répparations à faire au dit salon peuvent être évaluées à environ 300 francs ; qu’il est donc nécessaire de demander l’ouverture au budget d’un crédit spécial de 700 francs.
30 septembre 1883 – Achat d’une parcelle de terrain cédée par les époux Gaulmier (p. 115)
Le conseil vote la somme de 119 francs et 10 centimes pour compléter celle de 18 300 francs pour l’achat d’une parcelle de terrain cédée par les époux Gaulmier à la commune de Boussac pour l’emplacement du nouveau champ de foire.
31 août 1884 – Sur proposition de Mr Boursault, plantation sur le champ de foire de l’arbre de la Liberté. Il sera planté en octobre. (p. 135)
(le 7 juin 1885 – Proposé par MM. Chastin et Aucouturier, vote à la majorité d’une somme de 100 francs pour l’érection d’un monument à Victor Hugo, « l’illustre poëte, celui qui a si vaillamment défendu la cause des déshérités ». (p. 11-12)
9 août 1885 – Vote d’une somme de 218, 95 francs pour compléter le devis estimatif de 800 francs (adjudication du 4 janvier 1885) et parvenir au total des travaux (1 118, 95 francs) de la construction de pavés et de caniveaux dans la rue de la Marmouze par l’entreprise de Philippe Glaudy. (p.14)
7 mars 1886 – Emprunt de 7 000 francs. (p. 24)
Le conseil municipal demande que l’emprunt de 7 000 francs relatif au chemin vicinal n° 7 (avenue de la gare) soit réalisé dès que possible « attendu que l’adjudication des travaux de ce chemin doit se faire prochainement et attendu que la subvention de l’État et du département est insuffisante. »
Même séance – Vote d’une somme de 3 500 francs relative au chemin vicinal n° 7. (p. 25)
Cette somme est nécessaire pour couvrir la différence entre l’emprunt de 10 000 francs pour la construction de ce chemin et le montant des travaux, me devis s’élevant à une somme supérieure à l’emprunt.
9 mai 1886 – Approbation des ventes passées le 25 avril entre la commune et les cinq propriétaires des terrains situés sur le chemin n° 7. (p. 30)
Lot Ladet-Greuzat : 2,62 ares ; 467 F - lot Autissier : 2,62 ares ; 480 F - lot Peyrot : 15,65 ares ; 3 160 F - lot Descombes-Morin : 12,48 ares ; 1 680 F - lot Monmary : 5,72 ares ; 983 F - soit un total de 6 770 francs.


Années 1888-1889
22 mars 1888 – Emprunt de 3 000 francs au Crédit foncier de France. (p. 65)
9 juin 1889 – Rappel des travaux à effectuer. Emprunt de 20 000 francs. (p. 98)
10 novembre 1889 – Le grand puits de la place rasé. (p. 109)
Année 1890
23 février 1890 – Nomination d’une commission pour l’agrandissement des places publiques. (p. 121)
8 juin 1890 – Dégagement de l’église et agrandissement de la place du marché. (p. 129)
M. Sambon, l’agent voyer d’arrondissement, est chargé d’établir un plan parcellaire pour indiquer les immeubles et terrains à acquérir (surfaces et prix) et deux autres plans montrant les superficies actuelle et à venir de la place du marché.
23 novembre 1890 – Vote de 0f 16 centimes additionnels pour remboursement d’un emprunt de 25 000 francs à contracter, remboursable en 30 ans au moyen d’une annuité de 1 475 francs prévue au budget primitif de 1892, pour le paiement des frais d’acquisition des simmeubles nécessaire au dégagement de l’église et à l’agrandissement de la place du marché. (p. 142)
Année 1891
8 février 1891 – Pavage du champ de foire. (p. 148-149)
« Sur proposition de monsieur Boursault demandant à ce que le champ de foire des porcs soit pavé en "pierres de bout" et par parcelle chaque année, le conseil, à la majorité décide d’attendre à la session de mai pour prendre une détermination à ce sujet. Monsieur Boursault demande à ce que les travaux soient mis en exécution de suite. »
La ville de Boussac mène de front plusieurs projets d’agrandissement liés à l’ouverture de nouvelles rues : de la place du champ de foire devant l’hôtel de ville ; de la place du marché autour de l’église ; du cimetière.
15 février 1891 – Agrandissement de la place du marché. Vote de 2 500 francs pour acquisition des maisons à démolir. (p. 149-151)
Lors de cette séance, les conseillers s’affrontent au sujet de l’agrandissement de cette place et de l’expropriation des propriétaires.
« Huit membres sur douze en exercice ont approuvé le rapport de Monsieur le commissaire enquêteur et voté le projet. Ce sont Messieurs Aucouturier Siméon, Maire, Montagne, Rouyat, Daux, Jannot, Bonnet, Ducartron et Simonet.
Ont voté contre : M. M. Boursault, Piquand, Thomas et Boucheron. Ils protestent en même temps contre la partialité du rapport fait par Monsieur Gallemard, commissaire enquêteur :
« … nous protestons de toutes nos forces contre l’emprunt qu’on veut faire en vue de l’expropriation des maisons en question, que cet emprunt soit couvert par une imposition nouvelle de 0f 16 centimes pendant trente ans sur le principal des quatre contributions ou qu’il soit amorti à l’aide des ressources actuelles de la commune, ainsi qu’on prétend pouvoir le faire, bien que, cependant, le contraire semble démontré.
[…] Il faudra donc désaffecter certains crédits et renoncer à l’exécution de plusieurs travaux dont l’urgence est frappante. Entre-t-il par exemple dans la pensée de quelqu’un d’entre nous de laisser le champ de foire dans son état actuel ? Est-ce que l’agrandissement du cimetière ne s’impose pas aussi ? et les réparations au presbyrère, à la Sous-Préfecture, et à l’église ? Si le projet est mis à exécution, n’y faut-il pas songer ? La prévoyance la plus élémentaire ne nous commande-t-elle pas non plus de parer aux éventualités ? ... »
La lecture d’un extrait du compte-rendu de cette séance du 15 février 1891par L’indépendant de Boussac n° 8 du jeudi 19 février 1891, page 2, permet de prendre connaissance du rapport de M. Gallemard, commissaire enquêteur et conseiller général du canton. Il y retrace l’historique des votes successifs depuis 1855 du conseil municipal concernant l’acquisition des immeubles nécessaires à l’agrandissement de la place du marché.


« … depuis 1855, sous les divers régimes qui se sont succédé, on a toujours reconnu la démolition des immeubles comme une chose nécessaire, d’utilité publique. »
Il est aussi question de l’acquisition des immeubles nécessaires pour le dégagement de l’église paroissiale.
Il faudra donc attendre trente-six ans (de 1855 à 1891) pour que l’agrandissement de la place du marché et son pavage soient définitivement votés.
Le Journal L’indépendant de Boussac publie l’échange de lettres entre M. Gallemard et M. Piquand.
De M. Gallemard à M. Piquand, édition du 19 mars 1891 :

Réponse de M. Piquand à M. Gallemard, le 26 mars 1891 :


Cet échange public permet de saisir la réalité boussaquine peut-être mieux que les comptes-rendus des séances du conseil municipal.


31 mai 1891 – Devis relatif au pavage du champ de foire des porcs. (p. 164-165)
Sur la proposition de monsieur Baucheron tendant à ce que le champ de foire des porcs soit pavé le plus tôt possible, […] le conseil décide qu’un devis sera dressé par Joseph Sambon, agent voyer.

Journal L’indépendant de Boussac du 9 juillet 1891
30 août 1891 – Agrandissement de la place du marché. (p. 172)
Le préfet par arrêté du 12 août 1891, relatif à l’agrandissement de la place du marché et au dégagement de l’église de Boussac, attendu que dans l’enquête une seule réclamation a été faite par un propriétaire intéressé, le conseil, pour donner suite aux délibérations antérieures, à la majorité, « prie l’administration supérieure d’activer les démarches afin d’arriver à l’expropriation dans le plus bref délai possible. » (M. Boursault n’a pris part au vote ; MM. Piquand et Thomas ont voté contre)
15 novembre 1891 – Agrandissement de la place du marché. Emprunt de 23 000 francs. (p. 179)
Pour donner suite au vote d’un emprunt de 25 000 francs voté à la séance du 13 novembre 1890, « … il importe maintenant d’assurer au moyen d’un emprunt définitif la création des ressources nécessaires pour subvenir à la dépense s’élevant à la somme de 23 000 francs », emprunt contracté à la caisse nationale des retraites pour la vieillesse, remboursable au moyen d’un prélèvement annuel de 1 355 francs 50 centimes sur les revenus communaux.
« Considérant qu’il résulte de la situation dressée par le Monsieur le Receveur Municipal que la commune ne possède pas actuellement aucune ressource disponible pour la réalisation du projet dont il s’agit ; qu’il y a lieu dès lors de recourir à la voie de l’emprunt pour couvrir la totalité de la dépense qui s’élève d’après les arrangements amiables intervenant entre la commune et les intéressés à vingt-trois mille francs » ; amortissement en 30 années, capital et intérêts calculés au taux de 5,893738 %. »
20 décembre 1891 – Emprunt de 23 000 francs à la Caisse des dépôts et consignations. (p. 182-183)
L’emprunt sollicité dans la séance précédente est remplacé par un emprunt de 23 000 francs contracté auprès de la Caisse des dépôts et consignations, remboursable en 25 années à partir de 1892, au moyen d’un prélèvement annuel de 1 463 f 86 centimes sur les revenus communaux.
Puis le conseil approuve le devis et le cahier des charges relatifs à la démolition des immeubles concernés et décide qu’une adjudication aura lieu le plus tôt possible aux enchères publiques sur la mise à prix de cent francs.

Journal L’indépendant de Boussac du 21 janvier 1892
L’opération « Place du marché » étant achevée (p. 183), la commune se tourne désormais vers le Champ de foire.

Année 1892
7 février 1892 – Pavage du champ de foire. Nomination d’une commission (MM. Montagne, Baucheron et Piquand) pour son étude (p. 185)
Présentation du devis estimatif des travaux relatifs au pavage d’une partie du champ de foire comprise entre le chemin de grande communication n° 38, celui vicinal ordinaire n° 12, la fontaine publique et les propriétés veuve Gallerand et Aucouturier François et dont la dépense s’élève pour cette partie du champ de foire à la somme de cinq mille quatre cents soixante dix-sept francs soixante-quinze centimes (5 477, 75).


Journal L’indépendant de Boussac du 11 février 1892
14 février 1892 – Rapport de la commission sur le pavage du champ de foire. (p. 188-189)
Suite à l’exposé de M. Baucheron et une discussion entre les conseillers, il est décidé à la majorité que le prolongement du chemin n° 12, soit environ ceux cent vingt trois mètres superficiel, soit pavé comme le champ de foire sans aucun caniveau.
« Le conseil décide en outre que la surface portée au plan du dit champ de foire, comprenant environ cent cinquante quatre mètres superficiels sera pavée cette année, tels que les plans et devis présentés par M Sambon, agent voyer ; qu’une somme de cent vingt-neuf francs environ sera nécessaire pour le relèvement du pavage des alentours de la fontaine monumentale.
À cet effet vote à l’unanimité une somme de deux mille francs, soit pour le pavage de deux parcelles du champ de foire représentant une superficie de 377 mètres, soit enfin pour la réfection du pavage des alentours de la fontaine monumentale.

Il décide en outre que mille francs seront prélevés sur le budget primitif de 1892, et que les autres mille francs seront portés en addition au budget additionnel de 1892. »
Sur proposition de M. Montagne, ce chemin n° 12 (allant du champ de foire à la rue Reignier) prendra désormais le nom de Rue de la République.

Journal L’indépendant de Boussac du 18 février 1892
17 avril 1892 – Adjudication d’une partie du pavage de champ de foire à l’entreprise Butte et demande de surélèvement de la chaussée de l’avenue de la gare (devenue avenue Pierre Leroux). (p. 212)
Année 1893
19 février 1893 – Approbation du décompte relatf au pavage du champ de foire exécuté : 1 894, 90 francs. (p. 218-219)
11 juin 1893 – Vote de 3 000 francs pris sur les fonds disponibles pour continuer le pavage du champ de foire, de chaque côté de la partie pavée ; mille francs seront portés aux chapitres additionnels de 1893 et deux mille francs au budget primitif de 1894. (p. 230)
[Après le vote d'un devis pour réaliser divers travaux dont l’ouverture d’une nouvelle rue reliant le château et sa cour à la place centrale, retour est fait aux tapisseries]

13 août 1893 - Pavage du champ de foire. Devis de 3 000 francs. (p. 233)
Le maire communique au conseil « le dossier relatif au projet de pavage d’une partie du champ de foire, dont le devis estimatif des travaux à exécuter s’élève à la somme de trois mille francs. » Approbation du conseil.
Année 1894
5 août 1894 – Le conseil autorise M. le Maire à faire dresser un devis et cahier des charges relatifs au pavage du champ de foire (p. 20)
15 août 1894 – Approbation du décompte des travaux de pavage exécutés au champ de foire par M. Débondant entrepreneur. Présentation du procès-verbal de réception définitive. (p. 21)
26 août 1894 – Pavage du champ de foire (p. 23)
Projet du pavage d’une partie de champ de foire : 580 mètres carrés dont 290 m2 dans la partie située entre le chemin de grande communication n° 38 et celui vicinal ordinaire n° 12, et 290 m2 situés dans la partie entre le chemin vicinal ordinaire n° 12 et le chemin vicinal ordinaire n° 5. Le montant de la dépense prévue s’élève à la somme de 3 000 francs.
Années 1895-1896
17 novembre 1895 – Approbation du décompte des travaux exécutés par M. Débondant sur une partie du champ de foire dont le montant s’élève à 2 906 francs 6 centimes. (p. 59)
2 février 1896 – Pavage du champ de foire. Présentation du devis estimatif de M. Sambon, agent-voyer et vote de 6 000 francs. (p. 63)
« Le conseil, attendu que l’exécution de ces travaux nécessite un travail particulier d’ensemble pour la direction des eaux, décide à la majorité qu’une seule adjudication sera donnée pour finir le pavage du champ de foire ; approuve les plans, cahier des charges et devis des travaux à exécuter et vote à cet effet une somme de 6 000 francs. »

Le 16 février 1896, une somme complémentaire de 500 francs est votée pour s’ajouter au 6 000 francs. (p. 69)
22 mars 1896 – Vote d’une somme de 24 francs pour acquisition de plaques émaillées qui indiqueront, pour les faire connaître au public, le nom de la Rue de la République et de la Place Carnot. (p. 71)
Année 1897
7 février 1897 – Vote pour un devis pour le pavage sur une largeur déterminée de la place du champ de foire en face de l’hôtel de ville. (p. 103)
2 mai 1897 – Le conseil ajourne le projet de pavage (estimé à la somme de 2 100 francs) du champ de foire aux abords de l’hôtel de ville et sur le marché aux veaux jusqu’à la formation du budget. (p. 103)
2 mai 1897 – Nomination d’une commission (MM. Charles et Gomet) pour la réception des travaux exécutés au pavage du champ de foire. (p. 114)
23 mai 1897 – Pavage du champ de foire : présentation du devis de M. Sambon et vote de 2 100 francs. Donner le plus tôt possible à l’adjudication. (p. 120)
30 mai 1897 – Pavage du champ de foire. (p. 122)
Vote d’une somme complémentaire de 144 f. 69 à l’entrepreneur de travaux publics Émile Bourdeau, adjudicateur, demeurant à Boussac-ville. Le montant s’élève à la somme de 6 644 francs 69 centimes. « Le crédit étant de 6 500 francs, il y donc un complément de dépense de 144 francs 69 centimes en ce qui concerne l’entreprise Bourdeau. »
Années 1898-1899
14 mars 1898 – Pavage d’une partie du champ de foire. (p. 138)
Approbation du décompte Bourdeau s’élevant à la somme de 1 808 francs 58 centimes. Le crédit consenti, supérieur aux dépenses, était de 2 100. Le procès verbal de réception de ces travaux est approuvé.
29 mai 1898 – Le conseil décide en principe de faire paver une partie du champ de foire, ainsi que (sur proposition de M. Gomet) de chaque côté de la porte du cimetière sur deux mètres. (p. 149)

9 septembre 1898 – Vote d’une somme de 2 100 francs pour le pavage d’une partie du champ de foire, selon le devis de M. Sambon. (p. 153-154)
Le conseil autorise le Maire à donner les travaux en adjudication le plus tôt possible et désigne MM. Ducartron et Durand pour assister à l’adjudication.
1er octobre 1999 – Approbation du décompte Débondant (357, 86 francs) relatif au pavage d’une partie du champ de foire. Montant total de ces travaux : 1 857, 86 francs. (p. 188)

Années 1900-1903
7 décembre 1900 – Vote d’une somme de 300 francs (devis de 273 francs) pour pavage d’une partie de la Grand Rue comprise entre la Grande porte et le caniveau à l’origine de la rue Vincent. (p. 223)
10 novembre 1901 – Continuation du pavage du champ de foire. (p. 246)
Le conseil décide de faire établir un devis pour paver la partie du champ de foire comprise entre la bascule et la barre aux veaux.
22 février 1902 – Le conseil vote l’adjudication du pavage d’une partie du champ de foire. La dépense s’élève à 2 835 francs. (p. 254)
Le conseil décide qu’une somme de 1 500 francs sera payée à l’entrepreneur des susdits travaux après leur réception et le surplus, soit 1 335 francs, un an après.
15 février 1903 et 8 mars 1903 – Autorisation est donnée au maire de donner de gré à gré les travaux de pavage de caniveaux et de réparation du chemin du rocher de la boulangère. (p. 9)
Le devis estimatif s’élève à 1 000 francs : 510 f. pour les travaux de la place de l’église et 490 f. pour le chemin du rocher de la boulangère
15 novembre 1903 – Vote d’une somme supplémentaire de 85f. 94cs pour l’entretien du pavage du champ de foire. (p. 27)
Décompte de travaux exécutés au pavage d’une partie du champ de foire : 2 920 francs 14 : M. Glaudit, entrepreneur : 2 781 francs 09 + honoraires de l’architecte : 139 francs 05.
(fin de mes recherches au 31 décembre 1904, p. 68)
27 janvier 1912 – Le maire, Désiré Lamy, propose au conseil municipal de voter « un emprunt de 10 700 francs pour les travaux suivants » : – Pavage du Champ de foire. 1 200 ; – Réparations au Château, 4 000 (la toiture est comprise dans ce chiffre) ; – Réparations des rues, 5 000 ; notes restant à payer, 500 francs.
L’Indépendant de la Creuse, organe spécial des intérêts de l’arrondissement de Boussac, jeudi 15 février 1912.


25 mars 1963 – Le conseil adopte le projet de pavage du champ de foire à effectuer sur plusieurs années. (maire : Gustave Gibard)
Une sélection de photos et de cartes postales anciennes
pour connaître l’état des places et des rues de Boussac :
https://www.annuaire-mairie.fr/photo-boussac-23.html
Cf. le site de Jackie Cazals :
http://c-chezjackie.waibe.fr/article-1--boussac-autrefois.html

En conclusion
En final, il appert que les dix années post-1882 (vente des tapisseries 25 500 francs payables en deux annuités en 1882 et 1883) sont consacrées au développement des infrastructures de la ville de Boussac, en particulier à l’agrandissement des deux places (celle du marché et celle des foires) qui passe par l’achat (de gré à gré ou par expropriation) de parcelles de terrain et de maisons à abattre.
Sur toute la période de 1848 à 1903 étudiée sur les documents d’archives, les mots « pavage » et « pavés » ne figurent que sur deux périodes :
– entre 1848-1850 (le 13 avril 1848 – Reconstruction générale du pavage des rues et places ; le 2 mai 1848 – Pavage des rues et places à la mac-adam) et en 1850 (10 février 1850 – Emprunt de 14 000 francs pour pavage et fontaines) ; – et une courte apparition en 1885, avec une mention localisée à une rue (9 août 1885 – construction de pavés et de caniveaux dans la rue de la Marmouze, près de la place du marché).
Entre 1850 et 1891, il n’est question que de l’agrandissement des deux places (du marché et des foires) de la ville.
Il faut attendre 1891 pour que le « pavage » apparaisse (8 février 1891 – Pavage du champ de foire). Comme il s’agit chaque fois d’une partie seulement du champ de foire, son pavage complet se fera sur de nombreuses années, jusqu’en 1903.
Reste-t-il en 1891 encore de l’argent des tapisseries de La Dame à la licorne, neuf ans après leur vente à l’État, puisqu’il a fallu contracter des emprunts pour le pavage ? Selon Henri de Lavillatte, Edmond du Sommerard a dit qu’il venait d’acheter, « pour un morceau de pain, une pièce unique », propos repris par Georges Janicaud sous l’expression : le « prix dérisoire ».
Les travaux et achats ont été nombreux et coûteux entre 1882 et 1891, nécessitant plusieurs emprunts importants qui ne concernent pas encore le pavage : création de l’avenue de la gare, agrandissement de la place du marché et champ de foire, poursuite de l’installation des fontaines publiques, etc… Tout en tenant compte que le montant de la vente des tapisseries représente pour la ville la valeur d’un emprunt de 25 500 francs non remboursable.
Il faudrait regarder dans les comptes-rendus très précis des budgets de ces années pour bien différencier les recettes (ordinaires et extraordinaires) et les emprunts dans la partie « recettes » et les crédits de la partie » dépenses » demandés au receveur municipal qui gère les finances de la commune. Les délibérations du conseil municipal ne donnent que les éléments généraux de la gestion financière.
Cf. https://books.openedition.org/irhis/2979?lang=fr
Faut-il en conclure que La Dame à la licorne a simplement « aidé », mais de loin, à payer les pavés du champ de foire ?
Toutes les dépenses de la ville absorbent très certainement les 25 500 francs versés par l’État et nécessitent des votes d’emprunts auprès des organismes bancaires et des demandes de subventions. La lecture des délibérations des conseils municipaux successifs au cours de ces dix années (1882-1892) est éclairante à ce propos et offre le film au ralenti d’une ville de province qui s’ouvre à la modernité (instruction publique, santé, solidarité, chemin de fer…), toujours au service de ses habitantes et habitants.
Après l’agrandissement des places nécessaire à la vie économique de la ville et des campagnes environnantes, le pavage peut intervenir au profit du bien-être de la population (fierté collective, déplacement, hygiène, tenue facilitée des foires…).
De part leur nature et celle des politiques publiques, l’État, les départements et les communes font « rouler leur dette » : ils ne remboursent jamais leur dette, ils ne payent que les intérêts. Quand un titre arrive à échéance, ils empruntent à nouveau pour financer des réalisations qui profiteront aux générations futures, dans une vision à très long terme, sans cesse renouvelée. L’une des fonctions de leur dette est de réaliser des transferts intergénérationnels par des investissements essentiels à la société et à l’économie, soit un actif net en termes d’infrastructures (soit pour Boussac à cette époque : écoles, réseaux urbains, chemin de fer et gare, fontaines publiques et réservoir, éclairage public, lavoir, abattoir, bascule, cimetière…)
https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2011-1-page-23?lang=fr
Non, je n'irai pas m'exposer parmi des gens aussi barbares que les boussaquins, à moins que le petit Jules [Sandeau] ne m'y donne rendez-vous.
et que Prosper Mérimée décrit ainsi dans sa lettre du 18 juillet 1841 à Ludovic Vitet :
Boussac est un horrible trou, la plus hideuse sous-préfecture de France. Le château n’a pas même le mérite d’avoir la tournure féodale, il ressemble à ces vilains manoirs de la Bretagne, bâtis en granite au XVIIIe siècle par des maçons qui n’auraient pu gagner leur vie autre part. C’est là, sous des plafonds vermoulus que demeurent le S[ous] P[réfet], Mr Pr de Barante, la gendarmerie avec ses épouses et ses enfants outre un certain nombre de gueux logés par charité dans des masures. Les habitants de la ville n’ont point de routes, et comme ils ne voient guère d’étrangers ils ne portent point de chapeaux mais bien des bonnets de coton. Il y a pourtant parmi eux trois ou quatre millionnaires, qui sont usuriers et dépensent 1 500 f. par an. Les notables de Boussac ne mettent de souliers que pour aller dîner chez M. de Barante.
Et dans celle écrite à Charles Lenormant, archéologue, égyptologue et numismate, directeur du cabinet des médailles :
Mon cher Monsieur, quelle diable d’idée avez-vous eue de m’envoyez dans la Creuse ? C’est assurément le centre de la barbarie. On n’y rencontre que des églises bêtes comme dit notre collègue M. Leprevost. J’envoie à la Commission quelques pages de prose à leur sujet, concluant à ce qu’on les laisse se ruiner sans bruit, et qu’il n’en soit plus question. Mais je vous demande de l’argent pour vous acheter de belles tapisseries apportées, dit-on, par Zizim à Bourganeuf et transportées à Boussac on ne sait comment. Rien de moins clair que leur origine, mais elles me semblent très curieuses et elles seront mangées des rats avant peu si on ne les ôte de l’infâme taudis qu’elles décorent.
P. Mérimée, Correspondance générale, établie et annotée par Maurice Parturier, avec la collaboration de Pierre Josserand et Jean Mallion, tome 3 : 1841-1844, Le Divan, p. 93-95. Voir aussi : La naissance des Monuments historiques : la correspondance de Prosper Mérimée avec Ludovic Vitet (1840-1848), Éditions du CTHS, 1998, p. 278-279.

photo de 1976 parue dans Histoire et Infos de Boussac (23) et ses environs en février 2025.


Mon petit-fils Enzo conclura : « chaque détail, même un simple pavé, peut recéler une histoire profonde. » Je le ferai ainsi : « sous les pavés, la plage » du savoir ressourcé.


L’Indépendant de la Creuse, jeudi 15 février 1912

https://www.fncab.fr/concours-pour-p%C3%A2ques/boussac/
Enfant, dans les années 1950, j’ai connu les foires de Boussac. J’ai arpenté les parties du champ de foire, le parc du château et la salle des gardes du rez-de-chaussée qu’habitaient alors pour quelques jours les animaux exposés. Je m’en souviens encore, comme je me rappelle le jardin que grand-père Rade entretenait dans la partie basse de la cour devant le château transformée en une grande et belle pelouse avec ses murailles de soutènement et son imposant escalier d’entrée dégagés (On écrit : « basse-cour devenue la Lice où se deroulaient les tournois » et « jardin du colombier établi au XVIIIe siècle ».)
« La servitude liée aux foires agricoles va durer encore de nombreuses années dégradant le parc. » est-il écrit dans Château de Boussac : Le Château de La Dame à Licorne (Éditions Louvre Victoire, 2021) par Bénédicte Wattel, fille du couple Bernadette et Lucien Blondeau qui achète en 1965 le château et son parc alors à l’état d’abandon.
À chaque Toussaint, les vaches envahissaient le parc, la salle des gardes était transformée en étable : « On a mis huit ans à se défaire de la servitude de l’hébergement des foires de Boussac », soupire Bernadette. »
Sites à visiter.
https://www.geneanet.org/cartes-postales/view/6823584#10869
https://www.geneanet.org/cartes-postales/search/?size=&go=1&motcle=boussac
Vos remarques seront les bienvenues pour des ajouts et corrections possibles.
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Quant au monument élevé à la glorification de Pierre Leroux, l’argent de La Dame à la licorne n’y est vraiment pour rien… (voir page suivante)
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L’histoire des trois fontaines

mai 1915
https://www.geneanet.org/cartes-postales/view/6823591#0

Fontaine avant 1932
(date de la construction du "campanile" de la mairie)

Fontaine après 1932

La « grande fontaine arts déco » que j’ai connue enfant, vers 1950,
construite par les ouvriers de l’entreprise locale de maçonnerie Poulénat
sur les plans de l’architecte René Sappin des Raynaud
à qui l’on doit aussi les bains-douches publics de Boussac
http://lesbainsboussac.free.fr/topic/index.html


https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Sappin_des_Raynaud
Autre réalisation boussaquine de René Sappin des Raynaud : les bains-douches.
Début de construction mars 1933, mise en service en 1935.
https://fr.readkong.com/page/juillet-2021-mairie-de-boussac-4995371
https://archiwebture.citedelarchitecture.fr/ark:/43435/797208
Cf. le site de Jackie Cazals, et pour « la place de l’Hôtel de Ville avant et pendant les travaux 2005 » :
http://c-chezjackie.waibe.fr/galerie-31--la-place-de-l-hotel-de-ville.html
« Place de l’Hôtel de Ville à Boussac
L’aménagement de la Place de l’Hôtel de Ville se distingue par l’association de différents revêtements de sols (pavés, opus incertum avec joints engazonnés, stabilisé, gazon) imperméable à perméable, donnant une véritable richesse à l’espace public.
L’ancien champ de foire, autour de la fontaine, conserve ainsi son pavage sur les aires de stationnement tandis que les allées de circulation sont en enrobé. Sur le pourtour, de larges bandes engazonnées délimitent l’espace, d’où s’élèvent des arbres de développement moyen, laissés en port libre. Le parvis de la mairie dessine un espace circulaire en stabilisé. »
Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (c.a.u.e 23), 2 février 2007.
https://www.caue23.fr/references/espace-public/place-de-lhotel-de-ville-a-boussac/

La fontaine actuelle, construite après démolition de la précédente en 2005,
copie de la première
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Boussac … pour toujours

O dieses ist das Tier, das es nicht giebt.
Sie wußtens nicht und habens jeden Falls
– sein Wandeln, seine Haltung, seinen Hals,
bis in des stillen Blickes Licht – geliebt.
Zwar war es nicht. Doch weil sie's liebten, ward
ein reines Tier. Sie ließen immer Raum.
Und in dem Raume, klar und ausgespart,
erhob es leicht sein Haupt und brauchte kaum
zu sein. Sie nährten es mit keinem Korn,
nur immer mit der Möglichkeit, es sei.
Und die gab solche Stärke an das Tier,
daß es aus sich ein Stirnhorn trieb. Ein Horn.
Zu einer Jungfrau kam es weiß herbei –
und war im Silber-Spiegel und in ihr.Rainer Marie Rilke, Les sonnets à Orphée, II, 4, 1922, traduction personnelle.
Ô, c'est la bête qui n'existe pas.
Ils ne le savaient pas et pourtant
– sa démarche, sa prestance, son cou,
jusqu'à la lumière tranquille de son regard – ils l’aimèrent.Certes, elle n'existait pas. Mais parce qu'ils l'aimaient,
elle devint un animal pur. Ils lui laissèrent toujours de l'espace.
Et dans cet espace, clair et dégagé,
elle leva doucement la tête et n'eut guère besoin
d'être. Ils ne la nourrirent d'aucun grain,
mais toujours avec la seule possibilité d’exister.
Et cela donna une telle force à cette bête,
qu'elle fit surgir une corne à son front. Une corne.
Elle s'approcha, toute blanche, d'une vierge –
et fut dans le miroir d'argent, puis en elle.
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