LA DAME DE COMPAGNIE

Claude de France

Cette dame de dompagnie apparaît sur quatre des tapisseries
et est absente des deux autres, La Vue et Pavie.

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La Dame de compagnie de Mary d'Angleterre est Claude de France, âgée de 15 ans en cette année 1514). Claude était une des filles de Louis XII et d'Anne de Bretagne. Mary d'Angleterre (18 ans) devint donc sa belle-mère.

Née le 13 octobre 1499 à Romorantin, elle est morte le 20 juillet 1524 à Blois, elle fut duchesse de Bretagne en 1514, reine de France en 1515, comtesse de Soissons, de Blois, de Coucy, d'Étampes, de Montfort, et duchesse de Milan.

Elle a à voir de près avec tous les personnages représentés sur les tapisseries, même avec Charles-Quint avec qui elle fut fiancée très jeune (tout comme Mary un peu plus tard).

Peu après la mort de sa mère, elle épousa François d'Angoulême, le futur François 1er. Elle succéda directement à Mary d'Angleterre.

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Claude était une personne effacée, timide, pieuse à l'excès. Elle avait un physique austère, une santé déjà précaire, et si sa mère, Anne de Bretagne boitait d'une jambe, elle boitait des deux et marchait fortement déhanchée.

Ces particularités physiques n’affectent aucunement les portraits de Claude que Perréal réalise d’elle sur les quatre tapisseries où elle paraît. À la silhouette fine et élégante de Mary répond celle tout aussi svelte et gracieuse de Claude. Son attitude déférente de L’Odorat souligne sa position de suivante et son visage douloureux de L’Ouïe clame sa crainte de la grossesse et de l’accouchement.

De Paris, le 14 février 1515, l'ambassadeur Mercurin de Gattinara dans une lettre à Marguerite d'Autriche raconte l'audience de la nouvelle reine, Claude, et en trace le portrait :

Et par ainsy le dimenchie avant disner, nous vinsmes fere la reverence à la reyne, laquelle du visagie ressemble fort la reyne sa mere ; au demeurant, elle est bien petite et d'estrangie corpulence, et est desja fort grosse. Et la pluspart craignent le dangier à enfanter, et mesmes pour ce que le roy est puissant, et qu'il y ha signe et apparence que l'enfant qu'elle porte sera gros et puissant […] Elle me demanda : « Comant se porte madame ma cousine ? Est-elle en bon poinct ? » Je luy dis que ouy, et se montra fort joyeulse à sçavoir de voz nouvelles. Et certes, madame, sa grace de parler supplist [supplée] beaucop de la faulte de beaulté.

Dans André Le Glay, Négociations diplomatiques entre la France et l'Autriche, II, 1945, p. 53.

Antonio de Beatis, chanoine, secrétaire et chapelain du cardinal Louis d'Aragon, décrit Claude ainsi lors de leur passage à Blois en octobre 1517 :

La reine Claude est très jeune mais de petite taille, laide, et boitant beaucoup des deux hanches. On la dit très vertueuse, charitable et pieuse. Le roi son mari, quoique de mœurs si légères qu'il pénètre volontiers dans les jardins d'autrui et boive l'eau de diverses fontaines, garde cependant à la reine sa femme beaucoup de respect et d'honneur.

Antonio De Beatis, Itinerario, traduit de l'italien par Madeleine Havard de la Montagne sous le titre Voyage du cardinal d'Aragon en Allemagne, Hollande, Belgique, France et Italie (1517-1518), Perrin, 1913, p. 136-137. Sur Gallica.

Elle meurt à vingt-six ans le 20 juillet 1524 à Blois, après sept grossesses en dix ans.

 

Sur les tapisseries, il existe une certaine ressemblance de certains visages de la Dame de compagnie avec un portrait de Claude qui se trouve au musée de Chantilly ou des miniatures d'époque.

Le naturaliste Pierre Belon du Mans (1517 - 1564), avait rapporté de ses voyages en Orient, Egypte et Palestine un prunier assez rare qui s'acclimata à Blois dans le jardin royal ; l'arbre fut dédié en 1549 à Claude de France, décédée en 1524 ; le fruit portera son nom : la reine-claude.

Sa belle-mère, l'autoritaire Louise de Savoie, l'avait contrainte à jouer le rôle désagréable de Dame de compagnie auprès de Mary. Elle, fille de roi, dut servir de "servante" auprès de la femme qui avait pris la place de sa mère, une étrangère qui plus est ! Se méfiant de Suffolk en particulier, de son fils et des autres en général, elle l'obligea à partager la chambre de Mary et à épier ses moindres faits et gestes pour les lui rapporter.


Livre d'Heures de Claude de France, vers 1517, The Morgan Library & Museum - New York

http://cour-de-france.fr/article1101.html

 

Qui sourit ? Qui pleure ? Et pourquoi ?

M

A

R

Y

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Goût
L'Ouïe
La Vue
L'Odorat
Le Toucher

 

C

L

A

U

D

E

 

 

Contentement

 

et

 

tristesse